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Archive for the ‘…en passant’ Category

Réclusion

J’envoie donc mon manuscrit par vaguelette de trois par jour à une vingtaine d’éditeur sélectionnée « selon la politique éditoriale vue sur catalogue. » Enfin, le choix n’est pas évident non plus.

Alors que dire ? Je m’emploi à digérer peu à peu les lettres de refus qui viendront sous peu. Sincèrement, je comprends que les éditeurs fassent des choix drastiques et économiques. Pour passer à autre chose, pour continuer, pour grandir et devenir adulte. (Je lisais récemment sur un blog, un internaute vitupérant les ‘auteurs internet’ croyant du haut de leur insuffisance à leur propre génie méconnu. Mais pourquoi tant de haiiiiinnnnneeee ????!!!!! Qu’est-ce que cela peut bien faire ? En quoi les rêves d’autrui empêchent-ils les nôtres de se concrétiser ? Mais peu importe.)

La grande question du moment est double, triple, quadruple, infinie :

Qu’est-ce qui me manque dans la transmission, dans l’acte d’écriture ? Peut-être le plus difficile est ce vide, mes questions sans réponses. Je suis maladroit ; l’écriture est maladroite.

Et vers quoi me tourner aujourd’hui ? Plusieurs concepts, plusieurs envies se confrontent : lequel développer ?

De quoi ai-je envie ? Je veux changer mon regard, faire évoluer, de l’intérieur vers l’extérieur. Le reste…

Je suis très fatigué.

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Sereinement

Ce doit être un effet de la fin, l’interminable travail de relecture (et ses fôtes en tout genre) et de correction, de polissage, d’ajustage, de détail : détourer.

Non, c’est autre chose encore.

Un sentiment diffus mais présent, physiquement présent, d’avoir dépassé une étape intérieure et indéfinissable. Comme quand on regarde les dessins animés, enfant, et qu’un jour, on ne les regarde plus, adolescent. Ne pas renier, ne pas mépriser, mais incidemment, passer à autre chose. Parce qu’il est temps de quitter l’enfance et les déambulations de l’âme. Parce que ce qui était important, ne l’est tout simplement plus, ce qui définissait les objectifs nécessaires et les regrets, n’existe plus. Et c’est bien. Suprême ironie, la vie propose des séances de rattrapages : ce qu’on espérait, et qui à peu d’efforts devient accessible. A répétitions. Mais il est trop tard : plus envie, plus faim, plus soif, le regard s’est distancié. Un « pourquoi pas ? » peut-être. « Au cas où, sur un malentendu… » Surtout « à quoi bon ? » Une vue plus perçante, aussi, une vie plus simple, un retour et un maintien consciencieux à l’essentiel. (S’) Oublier le regard, et maintenir sa vie en dehors des flux et des reflux du monde des hommes est un présent précieux. Avec pour unique volonté, exister, être. Faire du mieux, totalement, de ce que l’on est.

Sereinement.

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Apprentissage

J’ai lu beaucoup de texte d’écrivain sur leur propre travail. Loin de moi de penser que j’en  suis un ; je crois profondément qu’entre la naissance et la mort, on tâtonne.

J’ai donc lu beaucoup de texte d’écrivain sur leur propre travail : il n’y a pas de méthode, mais des façons de faire qui ne conviennent rien qu’à soi. Pas d’absolu, à peine des tours de mains. C’est dans cet esprit que je vous livre les réflexions suivantes. A prendre, à laisser, c’est selon ce que l’on est. Appropriation d’une méthode toute personnelle afin d’être efficace dans ce qui est écrit (oser prendre une voie), et efficace dans l’acte d’écrire (acquérir sa voix).

Utilisation d’un petit carnet à spirale, 180 pages, petits carreaux – être prêt tout le temps (en l’occurrence 3 carnets à peu près remplis), n’importe où : à ne rien laisser filer.

– Organiser le carnet par partie.

– Ne pas se focaliser sur la forme, mais donner la force au fond d’exister préalablement.

– Discret, toujours sous la main : notes de lecture, références à voir, idées nécessaires qui passent par la tête : tout ce qui important et accessoire dans le but d’écrire.

– Barrer les listes existantes, pour ne rien oublier.

Une documentation équilibrée (en l’occurrence plus d’une centaine d’ouvrages, et autant d’articles) :

– Lire, écouter, s’imprégner.

– Ecueils :

  • trop de documents :
    • cela noie le texte et l’énergie ;
    • parfois contradictoire et/ou paradoxal ;
    • paralyse devant ce qui reste à acquérir, à lire, à comprendre ;
  • trop peu de documents :
    • risque de raconter des bêtises : la doc. limite un peu ce risque, mais ne l’annihile pas ;
    • expression d’une paresse intellectuelle toujours présente, tapis dans notre ombre.

Avoir l’esprit sentinelle : définir le plus précisément possible son travail / l’objet de son travail, et être à l’aguets de ce qui se dit, de ce qui se fait, de  ce qui s’écrit de près ou de loin sur cet objet, directement et indirectement.

Ne pas hésiter à prendre des chemins de traverses : travailler sur les métaphores associées à l’objet de son travail (c’est-à-dire les analyser non plus comme image mais comme réalité) pour, de proche en proche, cerner la globalité de son projet (enfin essayer).

Ne pas hésiter à se tromper, à revenir 100 fois, 1000 fois sur son ouvrage : ne pas désespérer. De toute façon tout a déjà été écrit, et mieux dit avant. C’est un fait. Alors…

Savoir s’arrêter. Histoire chinoise : un homme avait peint un serpent sur le sol tant est si bien que tous en le voyant avait peur et s’écartait. Et puis, au bout d’un certain temps, il décida d’y ajouter des pattes. Alors, les passants se moquèrent de lui.

La forme impose le fond ; le fond impose la forme. Les deux sont inextricablement liés, ils ne font qu’un. Rechercher l’un, c’est approfondir l’autre.

Pas de tabous : le texte, le texte, le texte. Ce qui est nécessaire au texte. Pas de pudeur de jeune fille. A contrario, choquer est inutile si rien ne le justifie. Le texte le texte le texte. Le reste est superfétatoire.

La sincérité n’est pas tout : en fait, on s’en fout un peu.

Le lecteur on s’en fout ? oui, et non. Non, parce que l’important est de transmettre. Lors de leur retraite annuelle, Jean-Claude Carrière et Luis Buñuel s’obligeaient à créer chacun de leur coté une histoire par jour (une anecdote, une saynète, etc.). Ils s’obligeaient également à se la raconter l’un à l’autre le soir venu –  parce qu’inventer ne suffit pas, il faut aussi que l’autre puisse percevoir, ressentir… Oui, parce que sinon, Marc Levy serait le plus écrivain du monde. (Cf. note sur la forme et le fond). ‘Être sadique, essayer de faire penser le lecteur’ Ezra Pound.

Conviction : j’écris vraiment très mal, cela n’est pas naturel. ‘Ma présence est faible, et ma parole est méprisable.’ Cela aussi je le sais.

Le point d’ancrage, la base, c’est la phrase. Le reste, l’histoire, les personnages, etc. Tout est secondaire par rapport à la phrase, subordonné à la phrase, celle qu’on a devant soi, là, maintenant. Comment elle existe par rapport à la précédente, comment elle passe, comme elle actionne l’autre, la suivante, et comment elle s’achève et meurt. Parfois, la phrase a une histoire, une généalogie ; elle est une réminiscence d’anciennes lectures. « Quand il y a quelque chose à voler, je le vole… » Picasso.

Savoir s’abandonner : créer des dispositions pratiques d’écriture (tôt le matin, femmes et enfants délocalisés, etc.) Simenon faisait passer une visite médicale à l’ensemble de sa famille pour être certain de mener à bien son travail en toute quiétude pendant sa semaine d’écriture. Dont acte.

Méthode actor’s studio : « Le comédien doit faire exister son personnage, le rendant capable par différents exercices de recréer tout ce qu’il y a à recréer afin de vivre vraiment des circonstances imaginaires à travers sa mémoire affective, répondant à la question : « qu’est ce qui me motiverait pour réagir comme le rôle ? », ou d’autres pratiques comme la substitution, le geste psychologique… : l’acteur doit puiser en lui-même émotions et affects. Ce processus laisse une totale liberté à l’acteur « free will » dans le moment, et donne naissance à un jeu organique, toujours basé sur la vérité. » (Source http://fr.wikipedia.org/wiki/Actors_Studio )

Idem pour l’auteur.

A la fin, faire face dans ce sentiment – assumer sa propre médiocrité : « Se sentir toujours trop petit pour ce qu’on désire et trop grand pour ce que l’on atteint, se sentir entre ces deux alternatives sans trouver d’issue, sans connaître le moyen de terminer cet état de lutte ; voir toujours la tache inachevée, sentir l’âme inassouvie, brûlant d’un feu qui le dévore, et constater l’impuissance humaine à calmer cet embrasement intérieur, ce volcan qui bouillonne. » Marie Jaëll.

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Ça y est, c’est terminé. J’ai terminé – j’ai gravis mon Everest : un travail de 3 ans pour à peine une centaine de pages, impubliables, difficilement transmissibles à l’homme. Que je n’ai même pas envie de défendre ou de ‘vendre’.

Le texte existe : c’est pour moi un exploit.

C’est donc une version 0. ‘0’ car elle doit me servir de base. Ou alors, c’est une version non définitive qui demande à être travaillée encore et inlassablement. Ou alors, c’est la version définitive. En fait, je n’en sais rien. J’ai un baby blues gigantesque. Il s’agit donc d’un roman, d’une fiction. J’essaie de me baser sur des éléments pertinents et véritables (faits, citations, etc.) mais que je lie entre eux, et accommode selon mon envie. Rien n’est vrai, et tout est vrai ;  rien n’est de moi, et tout est de moi.

Je me sens tout penaud, vide, vidé, intranquille et serein, fier (c’est la première fois que je termine quelque chose) et si conscient de l’inconséquence de mon travail, du chemin à parcourir, de ce qu’il faut ‘pour écrire un premier vers’ et que je n’ai pas.

Mais je ne peux mieux faire à ce jour : il faut bien s’arrêter pour mieux recommencer. Il faut bien s’assumer pour continuer à respirer. Alors, certes, je dois encore approfondir des thématiques, devenir plus clair, moins abscond ; certes, je suis perfectible : je n’aurai pas assez de cette vie pour parfaire les mots ; certes, il me reste à donner, pour légitimer la proposition.

Je décide pourtant d’arrêter ici : une phase de ma vie se clos. Une autre pourra s’ouvrir d’ici peu. J’arrête de développer pour des raisons subjectives et objectives. Subjectives : je suis fatigué, et je veux passer à autre chose. Objectives : développer les parties ‘à approfondir’ déséquilibrerait l’ensemble, j’ai peur de toucher ce que j’ai déjà écris de peur de tout foirer. A moins que les raisons objectives ne soient là que pour légitimer les subjectives. Sans doute. Alors je m’arrête là.

Je laisse reposer, je fais lire à mes proches, à des amis, je recueille leur avis. Et puis je l’enverrai, parce qu’il faut bien le faire, plus par courage que par conviction. Et puis, les lettres de refus viendront. Et puis je le publierai sur le net. Ou pas.

Faut que je passe à autre chose. Parce que comme l’a écrit le grand poète Renaud : « Si t’en veux pas, pas d’ malaise /Je la remet dans ma culotte / Mais tu sais pas c’ que tu perds / Ma chanson lui a pas plu /N’en parlons plus. »

PS : il est dispo à la demande ; le seul engagement que je demande, c’est de le lire et d’être sincère dans le retour.

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HEC Paris

Pitoyable. Enfin, moi je dis çà je dis rien.

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Je me suis lancé il y a quelques mois dans un projet personnel, un acte totalement gratuit, gravir une montagne, faire un marathon, écrire un livre. Accepter, assumer une liberté de faire sans autres contraintes que la volonté personnelle de clore un chapitre trop longtemps ouvert. Il n’y avait pas d’alternative, pas de choix, pas de présupposé axial. Une nécessite qui m’était imposée.

Bref, j’écris. Un roman. C’est comme un gros mot, comme faire de la pâte à sel. Un tabou, presque.

Et je lis et je recherche dans le cadre de ce travail précis et ordonnancé. Mais je dois reconnaître que je ne pensais pas à la fois y travailler si dur, et si lentement. Avec découragement, fatigue et renoncement aussi. Pour au final pas grand-chose (quelques pages tout au plus, même pas éditables). Je n’ai nullement le sentiment d’avoir à atteindre un but, une chimère de contentement personnel, mais simplement d’acquérir quelque chose au fur et à mesure qui restera ; avancer malgré tout. La vanité en toute chose (ce pas ‘grand-chose’) est par trop connu ; mais il faut l’assumer pour continuer à vivre. J’ai entendu cette phrase dans un film récemment (je ne me souviens plus lequel) : «  le secret, c’est de continuer à respirer. » Je crois que j’avais oublié pendant des années de respirer. Accepter notre vanité  et notre inutilité est difficile.

« Quand je veux connaître un sujet, j’écris un livre » est un adage que je ressens fortement. Ma vie change en ce que j’acquiers consciemment, méthodiquement et non plus de façon aléatoire. J’arrive tout juste à savoir où je veux aller, et sous quelle forme et sous quelle latitude. Des mois de notes pour une évidence : ça aussi c’est un résumé de ma vie. « C’est juste une illusion » : chaque étape, chaque recherche emporte des mondes incroyables.

Cet avoir n’est pas un savoir, une culture mais un changement intrinsèque qu’il convient de clarifier, d’éclaircir. Un acte de résilience peut-être. Mais pas seulement. Un accès au monde des hommes simplement.

J’aime beaucoup cette phrase « tout est dans tout et réciproquement. » Et si l’intelligence est de voir dans ce qui est semblable les différences, et dans ce qui est différent, ce qui est semblable, alors je n’aurai pas perdu mon temps.

La vie d’écriture de Pascal Quignard est un exemple. A défaut d’avoir son talent, son acuité, peut-être pourrais-je accéder à sa liberté, à sa libération… (Voir cette vidéo (chez Médiapart : mais je crois qu’elle est visible par tous) et son intervention dans La Grande Librairie.)

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