Au début, pour tout dire, on rigole : un homme se concentre, et certain de son pouvoir, s’élance pour traverser le mur de son bureau – et tout le pouvoir de l’esprit sur la matière ne peut empêcher ce qui doit arriver, et qui arrive… Le petit hic, c’est que cet homme est le chef du renseignement militaire des Etats-Unis.
Ensuite, l’incrédulité prend la place du rire : comment se peut-il que des militaires du plus haut niveau, appartenant à un corps s’il en est pragmatique, s’intéressent avec autant d’acuité aux mouvements New Age californiens des années 1970 et 1980 au point de vouloir créer des “guerriers Jedi”… ?
Et puis, vient le dégoût : l’emploi de processus de manipulations mentales et de tortures en Irak est une réalité qu’on relatait les journaux du monde entier… A Guantanamo et Abu Ghraibib sont appliquées les méthodes inventées par les sections spéciales de l’armée et de la CIA.
Tout ceci est dans le livre de Jon Ronson, Les Chèvres du Pentagone - et bien plus encore : les essais de la CIA sur le LSD dans les années 1950, la formations des sections spéciales, etc., etc.
Oui, c’est cela : au début, c’est drôle, comme la bande-annonce ci-dessus, mais très vite incrédulité et dépit :prennent place – à la limite, l’Homme à la cigarette existe…
Le pacte de lecture est claire : c’est un ‘document’ et non une œuvre romanesque – journaliste au Guardian, Jon Ronson apparaît sérieux. Alors, même si ce n’est pas très bien écrit, même si certains éléments semblent improbables, même si on aimerait un développement plus conséquent, on en ressort ébranlé… et bien différent.
A noter cet article du Monde.