Ce doit être un effet de la fin, l’interminable travail de relecture (et ses fôtes en tout genre) et de correction, de polissage, d’ajustage, de détail : détourer.
Non, c’est autre chose encore.
Un sentiment diffus mais présent, physiquement présent, d’avoir dépassé une étape intérieure et indéfinissable. Comme quand on regarde les dessins animés, enfant, et qu’un jour, on ne les regarde plus, adolescent. Ne pas renier, ne pas mépriser, mais incidemment, passer à autre chose. Parce qu’il est temps de quitter l’enfance et les déambulations de l’âme. Parce que ce qui était important, ne l’est tout simplement plus, ce qui définissait les objectifs nécessaires et les regrets, n’existe plus. Et c’est bien. Suprême ironie, la vie propose des séances de rattrapages : ce qu’on espérait, et qui à peu d’efforts devient accessible. A répétitions. Mais il est trop tard : plus envie, plus faim, plus soif, le regard s’est distancié. Un « pourquoi pas ? » peut-être. “Au cas où, sur un malentendu…” Surtout « à quoi bon ? » Une vue plus perçante, aussi, une vie plus simple, un retour et un maintien consciencieux à l’essentiel. (S’) Oublier le regard, et maintenir sa vie en dehors des flux et des reflux du monde des hommes est un présent précieux. Avec pour unique volonté, exister, être. Faire du mieux, totalement, de ce que l’on est.
Sereinement.