Ça y est, c’est terminé. J’ai terminé – j’ai gravis mon Everest : un travail de 3 ans pour à peine une centaine de pages, impubliables, difficilement transmissibles à l’homme. Que je n’ai même pas envie de défendre ou de ‘vendre’.
Le texte existe : c’est pour moi un exploit.
C’est donc une version 0. ‘0’ car elle doit me servir de base. Ou alors, c’est une version non définitive qui demande à être travaillée encore et inlassablement. Ou alors, c’est la version définitive. En fait, je n’en sais rien. J’ai un baby blues gigantesque. Il s’agit donc d’un roman, d’une fiction. J’essaie de me baser sur des éléments pertinents et véritables (faits, citations, etc.) mais que je lie entre eux, et accommode selon mon envie. Rien n’est vrai, et tout est vrai ; rien n’est de moi, et tout est de moi.
Je me sens tout penaud, vide, vidé, intranquille et serein, fier (c’est la première fois que je termine quelque chose) et si conscient de l’inconséquence de mon travail, du chemin à parcourir, de ce qu’il faut ‘pour écrire un premier vers’ et que je n’ai pas.
Mais je ne peux mieux faire à ce jour : il faut bien s’arrêter pour mieux recommencer. Il faut bien s’assumer pour continuer à respirer. Alors, certes, je dois encore approfondir des thématiques, devenir plus clair, moins abscond ; certes, je suis perfectible : je n’aurai pas assez de cette vie pour parfaire les mots ; certes, il me reste à donner, pour légitimer la proposition.
Je décide pourtant d’arrêter ici : une phase de ma vie se clos. Une autre pourra s’ouvrir d’ici peu. J’arrête de développer pour des raisons subjectives et objectives. Subjectives : je suis fatigué, et je veux passer à autre chose. Objectives : développer les parties ‘à approfondir’ déséquilibrerait l’ensemble, j’ai peur de toucher ce que j’ai déjà écris de peur de tout foirer. A moins que les raisons objectives ne soient là que pour légitimer les subjectives. Sans doute. Alors je m’arrête là.
Je laisse reposer, je fais lire à mes proches, à des amis, je recueille leur avis. Et puis je l’enverrai, parce qu’il faut bien le faire, plus par courage que par conviction. Et puis, les lettres de refus viendront. Et puis je le publierai sur le net. Ou pas.
Faut que je passe à autre chose. Parce que comme l’a écrit le grand poète Renaud : « Si t’en veux pas, pas d’ malaise /Je la remet dans ma culotte / Mais tu sais pas c’ que tu perds / Ma chanson lui a pas plu /N’en parlons plus. »
PS : il est dispo à la demande ; le seul engagement que je demande, c’est de le lire et d’être sincère dans le retour.
Voila deja plusieurs jours que je me dis : il faut que je lui demande !
j’aimerais beaucoup te lire !
)))