Je me suis lancé il y a quelques mois dans un projet personnel, un acte totalement gratuit, gravir une montagne, faire un marathon, écrire un livre. Accepter, assumer une liberté de faire sans autres contraintes que la volonté personnelle de clore un chapitre trop longtemps ouvert. Il n’y avait pas d’alternative, pas de choix, pas de présupposé axial. Une nécessite qui m’était imposée.
Bref, j’écris. Un roman. C’est comme un gros mot, comme faire de la pâte à sel. Un tabou, presque.
Et je lis et je recherche dans le cadre de ce travail précis et ordonnancé. Mais je dois reconnaître que je ne pensais pas à la fois y travailler si dur, et si lentement. Avec découragement, fatigue et renoncement aussi. Pour au final pas grand-chose (quelques pages tout au plus, même pas éditables). Je n’ai nullement le sentiment d’avoir à atteindre un but, une chimère de contentement personnel, mais simplement d’acquérir quelque chose au fur et à mesure qui restera ; avancer malgré tout. La vanité en toute chose (ce pas ‘grand-chose’) est par trop connu ; mais il faut l’assumer pour continuer à vivre. J’ai entendu cette phrase dans un film récemment (je ne me souviens plus lequel) : « le secret, c’est de continuer à respirer. » Je crois que j’avais oublié pendant des années de respirer. Accepter notre vanité et notre inutilité est difficile.
« Quand je veux connaître un sujet, j’écris un livre » est un adage que je ressens fortement. Ma vie change en ce que j’acquiers consciemment, méthodiquement et non plus de façon aléatoire. J’arrive tout juste à savoir où je veux aller, et sous quelle forme et sous quelle latitude. Des mois de notes pour une évidence : ça aussi c’est un résumé de ma vie. « C’est juste une illusion » : chaque étape, chaque recherche emporte des mondes incroyables.
Cet avoir n’est pas un savoir, une culture mais un changement intrinsèque qu’il convient de clarifier, d’éclaircir. Un acte de résilience peut-être. Mais pas seulement. Un accès au monde des hommes simplement.
J’aime beaucoup cette phrase « tout est dans tout et réciproquement. » Et si l’intelligence est de voir dans ce qui est semblable les différences, et dans ce qui est différent, ce qui est semblable, alors je n’aurai pas perdu mon temps.
La vie d’écriture de Pascal Quignard est un exemple. A défaut d’avoir son talent, son acuité, peut-être pourrais-je accéder à sa liberté, à sa libération… (Voir cette vidéo (chez Médiapart : mais je crois qu’elle est visible par tous) et son intervention dans La Grande Librairie.)
Sourires en te lisant !
…merci de partager tout cela avec nous !
C’est sympa, merci…
bon courage !!