Maudite soit les quatrièmes de couverture… (Lire ce qui suit à haute voix avec l’intonation la plus grave…)
« 2006, La Nouvelle-Orléans. Catherine, la fille du gouverneur de Louisiane est enlevée, son garde du corps assassiné. Confiée au FBI, l’enquête prend vite un tour imprévu : le kidnappeur, Ernesto Perez, se livre aux autorités et demande à s’entretenir avec Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire qui travaille à New York dans une unité de lutte contre le crime organisé. À cette condition seulement il permettra aux enquêteurs de retrouver la jeune fille saine et sauve. À sa grande surprise, Hartmann est donc appelé sur les lieux. C’est le début d’une longue confrontation entre les deux hommes, au cours de laquelle Perez va peu à peu retracer son itinéraire, l’incroyable récit d’une vie de tueur à gages au service de la mafia, un demi-siècle de la face cachée de l’Amérique, de Las Vegas à Chicago, depuis Castro et Kennedy jusqu’à nos jours. »
Bon, voilà, les fondements, les lignes de force du roman sont résumées… (Même si dans le détail, le kidnappeur demande à rencontrer Ray Hartmann avant de s’être livré…) La lenteur du récit donne le sentiment tout au long de la lecture que le livre ne commence véritablement que par à-coup : à la page 80, tout est en place pour le début d’un récit haletant… Et puis non. A la page 150 : et puis non encore… C’est long, que c’est long !… Mais tout cela agit quand même avec un charme indéniable. Oui, « quel est le véritable enjeu de cette confrontation ? Pourquoi Perez a-t-il souhaité qu’Hartmann soit son interlocuteur ? » R.J. Ellory possède suffisamment de talent (et de métier) pour relancer l’intérêt… et trousser un bon polar, efficace : « Hartmann ira de surprise en surprise jusqu’à l’étonnant coup de théâtre final » – qu’on subodore une trentaine de page avant…
Mais maudite soit la quatrième de couverture :
« Avec ce roman d’une envergure impressionnante, R. J. Ellory retrace cinquante ans d’histoire clandestine des États-Unis à travers une intrigue qui ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Maître de la manipulation, il mêle avec une virtuosité étonnante les faits réels et la fiction, le cinémascope et le tableau intime, tissant ainsi une toile diabolique d’une rare intensité. »
L’auteur ne mêle en rien fiction et réalité : l’Histoire n’est qu’un fond sonore, une succession d’images sépias sur télévision situées dans un coin, là, en bas à gauche, du récit. L’accumulation de faits entrecoupés de « ; » est moins une « virtuosité étonnante » qu’un artefact de style qui entremêle en rien ‘réel et fiction’. Ce n’est ni Le seigneur de Bombay (Vikram Chandra) ni La griffe du chien (Don Winslow).
Vendetta de R.J. Ellory est un bon livre, avec de vraies bonnes pages et avec d’autres moins nécessaires. Une lecture de rentrée en somme. Ni plus ni moins.