Voilà un livre qui vaut (beaucoup mieux…) que son titre, un livre où chaque page recèle des joyaux de l’Histoire, des contes et des anecdotes, de citations et d’analyses, illustrant le propos : le pouvoir, comment le gagner, comment le conserver. Vaste programme !
Exemple.
“LOI 15 : Détruisez totalement votre ennemi.
Tous les grands meneurs savaient qu’un ennemi craint doit être détruit complètement. (Quelquefois ils l’ont su de la mauvaise manière). Si une braise reste allumée, peu importe de quelle manière elle se consume, le feu reprendra finalement. La défaite est d’autant plus grande lors d’un arrêt à mi-course que lors d’une destruction totale: l’ennemi se relèvera et cherchera revanche. Détruisez le, pas seulement physiquement mais également spirituellement.”
Et Robert Greene de développer deux exemples, tous deux extraits de l’Histoire de Chine, un qui viole la loi, l’autre qui l’applique. L’auteur en fait leur interprétation ; il en donne la morale en somme : “Ceux qui cherchent à accomplir des choses ne doivent pas faire preuve de miséricorde.” (Kautilya, philosophe indien du IIIe siècle av. JC.) ; “Un prêtre demanda sur son lit de mort à l’homme politique et général espagnol Ramon Maria Narvaez (1800-1868) : Votre Excellence pardonne-t-elle à ses ennemis ?”, Narvaez répondit : “Je n’ai pas à pardonner à mes ennemis, je les ai tous fait tuer.”
Ensuite, développant encore son propos par “les clefs du pouvoir” (une analyse de Sun Zi), Robert Greene emprunte à l’Histoire biblique la première application de cette loi. Le tout en seulement 8 pages !
Vous pouvez trouver les 48 lois ici…
Power, les 48 lois du pouvoir de Robert Greene est un livre formidable, dense, réjouissant… et frustrant : nous voudrions tout comprendre, tout retenir… A défaut de tout appliquer ; l’anhiliation physique de nos ennemis ne fait plus partie que nos moeurs (enfin, je crois… ) Mais l’Homme ne change pas ; les mêmes raisonnements, les mêmes réactions perdurent d’époques en époques…
Terminons notre propos par un proverbe soufi : “Ramassez une abeille par gentillesse et vous apprendrez les limites de la gentillesses.”