Je découvre cette série – je sais j’ai du retard à l’allumage : mais c’est absolument formidable. Suis fan.
“It’s america, man.”
24 février 2009 par Michel
Je découvre cette série – je sais j’ai du retard à l’allumage : mais c’est absolument formidable. Suis fan.
“It’s america, man.”
Mieux vaut tard que jamais. Je t’envie, que ne donnerais-je pas pour redécouvrir The Wire dans son intégralité? Mais j’ai déjà tout vu et la série est terminée. ‘Generation Kill’, le show suivant écrit et produit par Simon & Burns est intéressant mais tout de même moins prenant. Et compte seulement sept épisodes. Envieux, je te dis.
Le plus étonnant dans cette série, c’est son équilibre, un balancier constant, incertain, des personnages, qui oscillent tous entre le bon, l’éthique, et le courage, la lâcheté, la crasse, les compromis… Personne n’est le héros ; même les personnages principaux ont leurs faiblesses peu enviables. D’un autre côté, même les salauds ont des moments formidables. Le spectateur navigue ainsi, entre l’empathie et la répulsion, entre la compassion et l’identification et le rejet. Pour chaque personnage, d’un épisode à l’autre. Cela donne une mosaïque, presque pointilliste à l’ensemble tout à fait étonnant, dense, un clair-obscur fascinant.
Nous sommes bien loin de l’écriture d’un personnage comme Vic Mckay (même si j’adore The Shield) qui est plus brutal, plus minéral – où l’on se dit que, si c’est un salaud, il a de bon côté… On aime ce personnage ; j’aime Mckay : comme ses hommes, on ressent une certaine loyauté envers lui (ce qui est très fort, quand on considère ce qu’il a fait…)
Ici, dans The Wire, ce n’est pas cela : ce ne sont plus des personnages qui agissent dans un décor, mais des personnes dont nous suivons jusque dans l’intimité la vie. Et dans leurs contradictions. McKay est cohérent. Les personnages de The Wire ont des incohérences intrinsèques, des paradoxes… Mais pas de contradictions externes : ils agissent, réagissent dans une logique qui semble inconsciente. Ils sont profondement humain.
La qualité d’écriture est incroyable. Très différente de celle des Soprano.
The Wire est le polar que j’aurai aimé écrire. L’ambition.
Bref, suis fan.
Je crois que nous sommes nombreux à rêver de pouvoir écrire une série de ce calibre. Un jour où j’ai croisé Lehane (que je n’aime pas en tant que romancier, en fait) je n’ai fait que lui parler de ‘The Wire’ et du travail d’écriture de la série. Il a confirmé ce que je pensais, il y avait une vraie vision au coeur du projet, celle de Simon, qui, à chaque nouvelle saison, amenait tous les éléments pivot de l’intrigue ou arche principale. Lui, Price, Pelecanos et tous les autres scénaristes n’étaient que des ‘peintres en bâtiment’ (la métaphore est de Lehane) chargés d’égayer l’ensemble. N’empêche, il y a des jour où le BTP peut être attractif.