« Même l’attitude vitale de l’espèce (c’est-à-dire la façon dont s’expriment les activités de l’être vital dans l’homme : passions, sentiments, désirs, appétits, etc.) est en train de changer sous les tensions de la vie moderne. L’homme a cessé d’être un animal principalement physique et devient davantage un animal économique. [...] L’âme humaine peut s’attarder quelque temps à un âge commercial avec son idéal vulgaire et barbare de succès, de satisfaction vitale, de productivité et de possession, afin d’en tirer certains gains et certaines expériences, mais elle ne peut pas s’y reposer d’une façon permanente. S’il persistait trop longtemps, la vie serait étouffée et périrait de sa propre pléthore, ou elle éclaterait sous la tension de sa grossière expansion. Semblable au Titan trop massif, elle s’écroulerait sous sa propre masse : mole ruet sua. »
Sri Aurobindo in Le Cycle Humain