Après La femme fatale, formidable livre sur Ségolène Royale, écrit avec sa consœur Ariane Chemin, c’est le deuxième livre lue de Raphaëlle Bacqué – devenue un apriori de qualité.
Ici, nul récit, nulles révélations, nulles alcôves inopportunes : le micro ouvert, l’auteur laisse d’anciens Premiers Ministres (se) raconter “l’enfer de matignon” : cet “enfer gestionnaire”, cet “harassement continuel.” Comprendre, ne pas juger, laisser ceux qui ont expérimentés cette“magnifique machine à broyer” nous apprendre, un peu ce qu’est l’État. Mais comme le dit fort justement Édouard Balladur, “je n’ai jamais entendu dire que qui que ce soit ait refusé de l’être.” Et ce sont des voix que nous les connaissons (que trop ? peut-être…) que nous entendons : la diction, les non-dits, les emportements réprimés, les jugements.
De la nomination à l’usure du corps, à l’ennemi de l’intérieur… tous les affres, l’impossibilité de faire, les contraintes d’en haut (le Président), du coté (les ministres), d’en dessous : tous les autres. Certains pourtant en ressortent comme si le poste avait été pour eux, la place juste : Laurent Fabius, Édouard Balladur ou Raymond Barre. D’autres, semblent, non pas avoir été dépassés, mais plutôt comme s’ils avaient vécu une souffrance constante, presque expiatoire…
A lire ces quelques extraits.
L’enfer de matignon, c’est aussi (surtout), un documentaire que diffusera France 5, ce lundi 13 octobre à 20 h 35.
Enfin un article ! Ouf je respire… Merci Michel !
Bon, pourquoi ne pas lire cet essai sur l’enfer des politiciens qui nous gouvernent… Je préfère les romans, de loin, mais ce livre-ci semble différent, intéressant. Peut-être parce que tu en parles, après un long moment de silence ? J’ai hâte de lire d’autres chroniques de ta part, alors à bientôt !