Un quai de gare dans l’Amérique profonde, années 1930. Seul. Soleil, été, une brise légere, je longe la voie de chemin de fer, entourée de champs, de luzerne, d’arbres… Et je suis bien. Juste bien. Serein. Simplement serein. Je ne pense à aucun mot, j’oublis ma respiration et les battements de mon cœur. Je suis plein, sans débordement, je suis là, sans vide.
Un train arrive, je l’entends, de plus en plus prés, sans apparaître. Je suis sur les rails, il arrive, il est invisible, il approche, il sera là, mais ça va, je n’ai pas peur, il est là, son fantôme me percute : je suis écrasé, disloqué plutôt, sans qu’il ne soit jamais apparu.
Le calme revient, le fracas s’estompe, disparaît dans le bruit de la nature. Vide.
