Un tueur à gage, l’envie de raccrocher, l’abandon sous les sunlight, un amour ancien, une ville de province, Paris, des commanditaires qui ne l’entendent pas ainsi, une poursuite – de la politique, de l’espionnage : thèmes et schémas récurrents dans le polar. Pas ou peu de nouveauté, de surprises. « Le bon roman noir est un roman social, un roman de critique sociale, qui prend pour anecdote des histoires de crimes. » Et si livres de Jean-Patrick Manchette dépassaient ce clivage.
Jean-Patrick Manchette est considéré (fiche Wikipédia) « comme le « pape du néo-polar », bien qu’il se situe dans la tradition des grands maîtres du polar américain comme Hammett ou Chandler. » Mais bien loin de la nécessité de culture générale propre à une telle affirmation, plus même que l’histoire, il faut lire (et relire) Jean-Patrick Manchette pour le style. Le style comme vision, comme expression du monde, de l’Homme.
Si Georges Simenon écrivait dans la neutralité, Jean-Patrick Manchette recherche l’épure dans la sécheresse des phrases et des mots. Des solitudes désertiques et absurdes de nos vies, de la vie, il cherche la Vérité par le réel.
Ne connaissais pas, avais devant tant de louanges, de la circonspection : sans doute que l’instant était arrivé. J’ai lu, rapidement, avidement. De la littérature. Une belle et grande illustration de la puissance de la littérature. Comme j’aimerais écrire, avec tant de précision et de justesse de la lumière des mots simples. Comme un désespoir de n’y parvenir jamais. Comme une réjouissance d’avoir trouvé enfin un auteur qui me concerne tout à fait.